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Matériaux Mur humide Remontées capillaires Prescription · Mise en œuvre

Mortier d'assainissement il est fait pour rester

mortier d'assainissement · type R, pores hydrofuges, il dure

​‌​​​‌​‌​‌​​​‌​​​​‌‌​​‌​​​‌‌​‌‌​Un mortier d'assainissement est un enduit très poreux dont les parois des pores sont rendues hydrofuges. L'eau n'y monte que de quelques millimètres : elle s'évapore au fond de l'enduit et les sels cristallisent dans le volume des pores, sans atteindre la surface. Il reste ouvert à la vapeur, donc le mur sèche. Il est fait pour durer — c'est l'inverse de l'enduit sacrificiel.

Définition citable · ECO-DICO, FAIRĒKO, 2026

Explication

Tout tient dans un mot : hydrofuge. Le mortier est très ouvert — plus de 40 % de vides, au moins un quart d'air — mais chaque paroi de pore repousse l'eau liquide. Le résultat est contre-intuitif : un matériau plein de trous que l'eau ne traverse pas par capillarité, alors que la vapeur, elle, passe sans obstacle.

C'est ce qui déplace le front d'évaporation à l'intérieur de l'enduit au lieu de le laisser à sa surface. Les sels y cristallisent, dans un volume de vides assez grand pour les accueillir sans pression sur le parement — et la surface reste saine des années durant, sans efflorescences ni farinage. La norme lui donne son nom : type R, mortier de rénovation.

Ce qu'il ne fait pas mérite d'être dit aussi clairement. Il ne dessale pas. Il rend le mur habitable avec ses sels, il ne les lui retire pas — là où l'enduit sacrificiel, qui renonce précisément à l'hydrofuge, capte le stock et l'emporte quand on le dépose. Et il ne traite aucune cause : sur un mur dont l'eau continue d'arriver, il tiendra plus longtemps qu'un enduit ordinaire, puis il saturera lui aussi.

Deux conditions le font travailler. Le support doit être décroûté de son ancien enduit chargé, sinon on enferme le stock derrière le neuf. Et la finition doit rester au moins aussi ouverte que lui : une peinture filmogène ramène la cristallisation sous le film, et l'ensemble part en plaques.

Le geste à ne pas faire, dessiné en cinq temps sous un pictogramme d'interdiction. Trois murs enduits reçoivent l'un une peinture au rouleau, l'autre un enduit fermé à la brosse, le troisième un papier peint, chacun marqué d'une croix. Un quatrième mur montre le résultat : l'enduit se détache en plaques au pied, l'humidité monte derrière. À droite, marqué d'une coche, un badigeon de chaux passé à la brosse laisse la vapeur traverser.
Trois finitions, un même résultat, et une quatrième qui tient. Peinture au rouleau, enduit fermé à la brosse, papier peint : chacune ferme la porosité qu'on vient de payer pour l'ouvrir. Les sels cristallisent alors derrière le film au lieu de le faire dans les pores, et l'ensemble part en plaques — ce que la quatrième image montre. Le badigeon de chaux, à droite, laisse la vapeur passer : c'est la seule famille de finitions qui n'annule pas le principe.

Ce que ça change en chantier

Ne le vendez pas comme un traitement. Il rend le mur habitable avec ses sels ; il ne les retire pas et ne tarit aucune source.

Décroûtez l'ancien enduit chargé. Le garder revient à enfermer le stock derrière le neuf.

Gardez la finition ouverte. Une peinture filmogène ramène la cristallisation sous le film, et tout part en plaques.

Exigez la classe. « Enduit de rénovation » ne veut rien dire ; « mortier d'assainissement R selon EN 998-1, certifié WTA » veut dire quelque chose.

Erreur fréquente

La confusion la plus coûteuse est avec l'enduit sacrificiel, et elle marche dans les deux sens. Prescrire un mortier d'assainissement sur une maçonnerie très chargée en sels, c'est lui demander de stocker plus qu'il ne peut : il sature et l'on croit à un défaut de produit. Prescrire un sacrificiel là où un assainissement suffisait, c'est vendre au client un renouvellement dont il n'avait pas besoin.

La seconde erreur est de le prendre pour un traitement de l'humidité. Il n'en est pas un. Un pied de mur qui boit continuera de boire ; l'enduit tiendra plus longtemps qu'un autre, voilà tout. Le drainage, la coupure de capillarité ou la reprise des eaux pluviales restent à faire.

La troisième est dans le mot. « Enduit de rénovation » désigne, dans le commerce, à peu près n'importe quel enduit posé sur de l'ancien. La norme, elle, réserve le type R à un mortier qui tient des valeurs mesurées.

Ordres de grandeur — BelgiqueFrance

Ordres de grandeur

Ce que la norme et la fiche WTA exigent

CaractéristiqueExigenceCe que ça produit
Porosité> 40 % en volumeLe volume de vides où les sels grossissent sans pousser sur le parement
Teneur en air≥ 25 % en volumeLes bulles qui font la réserve, distinctes de la porosité fine
Perméabilité à la vapeurµ < 12Le mur continue de sécher à travers l'enduit
Pénétration d'eau< 5 mmL'eau liquide n'entre pas : le front d'évaporation reste dedans
Classe normativeR selon EN 998-1Le seul libellé opposable — « enduit de rénovation » n'en est pas un

Note territoriale à venir.

Systèmes concernés

Systèmes concernés

  • Pied de mur salpêtré dont la source a été traitée
  • Maçonnerie ancienne à conserver, sans dépose programmée
  • Badigeon de chaux ou peinture minérale en finition
  • Pied de mur salpêtré dont la source a été traitée
  • Maçonnerie ancienne à conserver, sans dépose programmée
  • Badigeon de chaux ou peinture minérale en finition
Source normative — BelgiqueFrance

Source normative — BelgiqueFrance

NBN EN 998-1
NF EN 998-1NF DTU 26.1